Les echos du 28 décembre 2005
TENSION DE TRESORERIE A L'EDM
Le spectre des délestages
La situation financière de l'EDM n'est pas reluisante. Il existe aujourd'hui une tension de trésorerie qui fait planer le spectre des délestages sur 2006. Ce sont entre autres questions abordées hier au cours du traditionnel déjeuner de presse du ministère des Mines, de l'Energie et de l'Eau au Cres de Badalabougou.
Le ministre des Mines, de l'Energie et de l'Eau, Hamed Diané Séméga a reçu hier la presse dans le cadre d'un déjeuner de presse devenu une tradition depuis trois ans. Les questions portant sur l'or, l'électricité, l'eau potable, la recherche pétrolière, entre autres, ont été discutées par le ministre et ses proches ainsi que les responsables des services concernés et des organismes internationaux comme la Sogem (rattachée à l'OMVS) et le Projet de l'aménagement de Taoussa.
Le sujet dominant fut la situation de l'EDM, qui a été reprise par l'Etat le 14 octobre 2005 avec 66 % des capitaux contre 44 % pour le groupe Agha Khan. Cette société qui était entre les mains de Saur International en sa qualité d'actionnaire majoritaire, a ses clignotants au rouge.
Le DG de la société Alpha Djittèye a donné l'alerte au cours de son intervention. Il a indiqué que sa société connaît une situation difficile de trésorerie qui allait déboucher sur une cessation de paiement si l'Etat ne s'était pas impliqué en lui accordant une exonération sur anticipation. Ce qui, explique-t-il, a permis à EDM de souffler un peu. Il n'écarte pas des risques de délestages si par malheur, un seul groupe tombait en panne.
Le déficit au niveau des caisses est-elle à la base du départ de Saur International ? Non a répondu le ministre Séméga, pour qui, les difficultés sont perceptibles dans les caisses d'EDM depuis 2002. Les raisons du départ du partenaire stratégique français, à en croire le ministre, sont essentiellement liées au problème de tarification. Selon lui, une mauvaise formule de calcul des tarifs a été appliquée. Cette situation a été aussi favorisée par le contrat signé entre l'Etat et Saur qui comportait beaucoup d'incohérences, a ajouté le premier responsable du département des Mines, de l'Energie et de l'Eau.
Ces motifs ont amené l'Etat à mettre un terme au contrat et de commun accord avec Saur. En tout état de cause, le ministre estime que les responsabilités sont partagées dans cette affaire. Pour ceux qui pensent que l'EDM ne sera rien sans les expatriés, M. Séméga se tourne du côté des « malianopessimistes » en leur demandant de faire confiance au Mali et aux Maliens.
Abdrahamane Dicko
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KALABANCORO
Quand le nouveau CB interne la population
Le nouveau commandant de brigade de Kalabancoro a ordonné à ses éléments de procéder à des rafles systématiques à partir de 23 h. Les résidents refusent la ghettoïsation de leur quartier.
La brigade de gendarmerie de la Commune rurale de Kalabancoro renoue avec ses anciennes pratiques. Sous l'ancien commandant de brigade, l'air était irrespirable dans la circonscription. Les éléments de la brigade outrepassaient leurs prérogatives : rançonnant tous ceux qu'ils croisaient en circulation même en possession de leurs pièces d'identité.
Une sorte de couvre-feu avait même été instauré à partir de 22 h. Ceux qui se faisaient surprendre, étaient conduits à la brigade et n'étaient libérés le lendemain qu'après le paiement de 5000 F CFA. Au même moment des malfrats opéraient sans être inquiétés le moins du monde. Cette situation avait provoqué l'ire des jeunes et de certaines notabilités, conseillers communaux du quartier.
C'est dans ce climat de psychose, qu'un nouveau commandant de brigade (CB), en la personne de M. Samaké, a été nommé. On pensait qu'avec cet homme d'apparence calme que la population allait enfin se libérer du joug de certains pandores qui ne font pas la fierté d'une unité censée sécuriser les paisibles populations.
Township ?
L'espoir a vite tourné au cauchemar. Le nouveau CB ne fait pas mieux que son prédécesseur. En effet, comme de coutume à Bamako et dans les quartiers environnants à la veille de fête, des bandits se signalent par des attaques à mains armées, volent des motos, moutons ou même parfois violent des filles. Kalabancoro ne fait pas exception à la règle. La semaine dernière, des cambrioleurs ont fait irruption dans les domiciles pour enlever des biens. Des femmes ont été violées. L'insécurité grandit jour après jour.
La brigade, au lieu de traquer les malfrats, a décidé d'instaurer une sorte d'état d'urgence à partir de 23 h arrêtant systématiquement les travailleurs nocturnes en possession de la carte d'identité. « Nous avons nos cartes avec nous » , ont répondu des jeunes devant une cabine. « On s'en fout. Rentrez vite, sinon. » , ont rétorqué des gendarmes.
Pis, il arrive souvent que des gendarmes pénètrent jusque dans les boutiques pour en extraire des jeunes qui s'y étaient réfugiés. Ils sont conduits à la brigade et sont enfermés dans des cellules sans motif. Pour être relâchés, les « détenus » doivent s'acquitter du paiement d'un montant allant de 1250 à 5000 F CFA. A défaut, ils passent la nuit dans des cellules insalubres.
« Bien que la Commune soit un nid des malfrats, nous pensons que nous sommes libres de circuler. Nous ne sommes pas des animaux que l'on doive parquer aux heures voulues » , se sont insurgés des jeunes, qui envisagent de résister à l'interpellation des porteurs d'uniformes. « Les rafles en soi sont une bonne chose, mais nous pensons qu'elles ne doivent pas contrarier la liberté de circuler » .
Amadou Sidibé
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TABASKI
Des moutons de 35 000 à plus de 75 000 F CFA
A deux semaines de la fête de Tabaski, le marché du bétail se porte bien, car il est bien approvisionné. Seulement, c'est le fonds qui manque le plus .
Aujourd'hui, il est difficile de dépasser deux carrefours sans voir des vendeurs ambulants de moutons. De même, les marchés de bétail commencent à bruire de bêlements de moutons. Des véhicules déversent chaque jour des têtes venant de l'intérieur du pays. « Cette année, Dieu merci, je ne pense pas s'il y aura crise de moutons sur le marché. Les marchés sont bien approvisionnés. Et s'il y a beaucoup de moutons, les prix vont obligatoirement chuter » , affirme Boury Bocoum, marchand de bétails.
Le souci de bon nombre de chefs de famille n'est pas là, mais c'est le prix de l'animal qui compte surtout en cette période de vaches maigres. Les prix des animaux varient aujourd'hui entre 35 000 à plus de 75 000 F CFA. « La Tabaski est un grand jour. Donc, on ne peut pas se permettre d'aller acheter un petit bélier de 30 000- 35 000 F CFA pour la famille. Il faut au moins 50 000 F CFA, vous savez qu'actuellement, tout le monde tire le diable par la queue. En tout cas, j'attends la veille de la fête pour acheter mon 'lahiya' » , dit M. T., chef d'une famille de 16 enfants.
Au marché de bétail de Quinzambougou, l'affluence n'est toujours pas au rendez-vous. Mais, les marchands sont confiants. « Il y a la fête de St Sylvestre que beaucoup de personnes fêtent. Ils attendent la fin de cette fête avant de faire face aux moutons. Je suis sûr qu'il y aura de l'affluence à partir du 1er janvier » , souligne Amadou.
La faible affluence s'explique aussi par le fait que de nombreux chefs de famille sont victimes souvent du vol de leur bête à deux ou trois jours de la Tabaski. C 'est pourquoi, ils attendent toujours la veille de la fête pour effectuer leur achat. « Imagine que le jour de la fête, tu trouves que ton bélier a été enlevé par des voleurs ! Donc, mieux vaut attendre la veille ou tôt le matin de la fête pour acheter ton mouton » , explique M. Sogoba.
Cet avis est également partagé par son collègue Sékou Traoré, enseignant de son état qui doit, lui, acheter deux béliers. « Je n'ai pas de place où les mettre. Et puis, si je les achète maintenant, c'est des dépenses, parce qu'il faut les nourrir avec de l'aliment bétail ou les feuilles d'arbre. Je peux attendre jusqu'à 24 h de la fête et d'ailleurs les prix diminuent à ce moment-là » , dit-il.
En tout cas, les « lahiya » sont au niveau des différents marchés et avec les marchands ambulants. Ils n'attendent que preneurs, car prêts à être sacrifiés.
S. Y. D.
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SOTELMA ET ZTE LANCENT « WASSA »
Le téléphone fixe sans fil à 38 650 F CFA
Le central téléphonique de Bamako-Coura a servi mardi de cadre au lancement d'un nouveau produit dénommé « Wassa » de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma).
Le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Gaoussou Drabo, a présidé hier au central de Bamako-Coura le lancement du nouveau système de téléphonie fixe sans fil de la Sotelma dénommé « Wassa ». C'était en présence de l'ambassadeur de Chine au Mali et du PDG de la Sotelma.
D'un coût total de près de 1,160 milliard F CFA, le nouveau système lancé en partenariat avec ZTE, pionnier de la technologie CDMA en Chine, est basé sur la technologie CDMA 2000 1X EVDO (Code division multiples accès version 1X EVDO). Sa désignation, selon le PDG de la Sotelma , Sidy Mohamed Nimaga utilisée à l'Union internationale des télécommunications (UIT) est « AMRC » à porteuses multiples.
« C'est une évolution directe des systèmes CDMA à comptabilité ascendante. Elle se caractérise par des améliorations de la capacité vocale, de la qualité de la parole et de la couverture et vise à assurer des services de transmission de données en mode paquets à haut débit » , a-t-il expliqué. Le PDG a précisé qu'il est doté d'une capacité d'accès de 6000 lignes et couvre toute la zone de Bamako et environs à l'aide de trois stations de base avec des équipements centraux à Bamako-Coura, Sabalibougou et Souleymanébougou.
Selon M. Nimaga, le coût des équipements y compris les frais d'assurance et de transports CIF s'élève à 560 millions entièrement assurés par ZTE Corporation.
Pour Melle Zhang Jie, représentante générale de la société ZTE Corporation au Mali, le lancement commercial de ce premier réseau CDMA au Mali est l'aboutissement fructueux de la conjugaison des efforts laborieux entre la Sotelma et ZTE. « En tant que partenaire historique de la Sotelma , ZTE est convaincu que cette expérience opérationnelle du réseau CDMA au Mali connaîtra un succès remarquable » , a-t-elle dit.
« Wassa » qui vient d'être lancé est disponible depuis hier. Il coûtera 38 650 F CFA l'unité toutes taxes comprises. Il offre des services comme le renvoi sur défaut, l'accès par code pin, l'accès par mot de passe, le groupe d'accès, l'attribution de sonnerie et une sélection d'appel à l'arrivée. « Wassa » est pratique, il est à la fois fixe et mobile.
Idrissa Sako
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