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2006

Mois Janvier

Les echos du 27 janvier

PROCES

Fanta Sylla accusée d'envenimer le conflit CNPM-Végal

Le ministre de la Justice , Me Fanta Sylla est décidément une abonnée aux scandales. Alors que son différend avec la Convention nationale des jeunes juristes du Mali (CNJM) n'est pas encore éteint, elle ouvre un autre front contre le collectif des avocats du Patronat qui l'accuse d'interférences dans le procès les opposant au Végal.

Un communiqué de presse du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) dont nous nous faisions l'écho hier prenait à témoin le secteur privé du rabat sine die du délibéré de son procès contre le Vérificateur général pour excès de pouvoir. Jeudi, au cours d'une conférence de presse au siège du Patronat, le collectif des avocats, qui plaide la cause du CNPM, a mis les pieds dans le plat en dénonçant vertement ce qu'il appelle « l'interférence de Mme le ministre de la Justice dans le dossier » .

Le collectif de six avocats composé de Mes Kassoum Tapo, Mamadou Issiaka Konaté, Mamadou G. Diarra, Mamadou Tounkara, Seydou Ibrahima Maïga et Moussa Goïta a indiqué que « le rabat pour complément d'information invoqué par le président du tribunal administratif, n'est pas habituel en matière administrative mais pénale » .

Selon le principal conférencier, l'ex-bâtonnier Me Kassoum Tapo, ils ont cherché à savoir la motivation de cette décision du juge. « Nous avons appris que le président du tribunal a été appelé par le ministre de la Justice le jeudi à la veille du procès et qui n'est pas parti. C'est le vendredi matin lorsque le délibéré du jugement était prévu l'après-midi, qu'elle l'a fait appeler d'urgence à son ministère » , ajoute-t-il. A l'en croire, le bâtonnier Me Seydou Ibrahima Maïga a protesté devant le procureur général.

Pressions sur le juge

Me Tapo croît fermement que « c'est bien une injonction de l'exécutif dans le judiciaire » et que « ce comportement du ministre en charge de la Justice ne se faisait pas même au temps où parler de l'indépendance de la justice relevait d'un sacrilège » .

L'interférence, aux dires du conférencier, est tellement avérée que le rapport du juge rapporteur et du commissaire du gouvernement leur était favorable.

« Si les privés ont accepté d'aller devant la justice, c'est qu'ils ont confiance aux institutions de l'Etat » , témoigne Me Tapo qui ajoute que le président du tribunal administratif fait même l'objet de harcèlements, de pressions et d'intimidations. La preuve, selon lui, est que, « la semaine dernière, une mission d'inspection lui a été envoyée » .

Revenant dans le vif du contentieux opposant le Végal au Patronat, Me Tapo soutient que nulle part son client n'a mis en cause la justesse de la mission du Végal. Mais, seulement, explique-il, la loi ne l'a pas autorisé à vérifier le secteur privé qui ne reçoit pas de fonds publics. « Il y a suffisamment d'organes de contrôle pour le privé, comme les services des douanes, des impôts et de la direction nationale du commerce et de la concurrence » , dit-il.

Me Tapo craint en revanche, que la descente du Végal sur le terrain du privé ne pourrisse le climat des investissements dans notre pays.

Abdrahamane Dicko

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COMITE CENTRAL DES SUPPORTERS

Marche pour la démission de Salif lundi

Le comité central des supporters, en association avec la Coordination nationale des jeunes, a décidé d'organiser une marche de protestation le lundi prochain. Cette marche qui fait suite à ce que tous les Maliens ont qualifié de « trahison » de la part de Salif Kéita, est en train d'être préparée sérieusement.

Les organisateurs soutiennent qu'il s'agit, pour eux, de dénoncer cette « trahison nationale » , mais surtout le fait que l'homme qui s'en est rendu coupable continue à dire qu'il n'a rien à se reprocher et qu'il prenne ce fait pour mineur.

La marche partira du stade Omnisports pour aboutir au siège de Malifoot à l'ACI-2000, avec une escale au ministère de la Jeunesse et des Sports, où les marcheurs liront un communiqué de soutien au ministre Natié Pléah. Ensuite, le cortège s'ébranlera vers le siège de Malifoot. Là également, avant de se disperser, ils liront un communiqué qui laissera voir leur désapprobation de l'attitude de notre compatriote.

A. K.

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CEDEAO

La politique sociale en questions

 

Le 1er Forum des ministres du Développement social des pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) s'est ouvert hier au Centre international de conférences de Bamako.

Le ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées du Mali, Djibril Tangara, a présidé jeudi à l'ex-Palais des congrès l'ouverture du 1er Forum des ministres de la Solidarité des Etats membres de la Cédéao.

Initiée par l'Unesco à travers son Programme de gestion des transformations sociales (MOST), cette rencontre vise à harmoniser et à asseoir une véritable politique sociale et de solidarité dans les pays membres de la Cédéao. La rencontre est le couronnement du Sommet du développement social tenu à Copenhague en 1995 et qui invitait la communauté internationale à une reconstruction sociale pour lutter contre la pauvreté.

Le forum de deux jours portera sur l'identification des besoins de recherche, la mise en ouvre des projets de coopération horizontale et le recensement des pratiques de lutte les plus efficaces dans la réduction de la pauvreté.

Pour le ministre Tangara, il est nécessaire, pour notre sous-région, d'échanger sur le phénomène migratoire, l'emploi des jeunes, l'impact de l'exploitation des ressources minières sur le tissu social et l'environnement . « Pour accélérer le développement, la rencontre de Bamako , a-t-il ajouté, doit renforcer l'engagement et les échanges, stimuler la capacité d'innovation » .

«  La Cédéao , continuera à soutenir les efforts dans les Etats membres pour une lutte solidaire contre l'ignorance et la pauvreté auxquelles nos populations sont confrontées » , a pour sa part indiqué Mamadou Guèye, le représentant du secrétariat exécutif de la Cédéao.

Le maire de la Commune III , les représentants de l'Union africaine, de l'Unesco, le président du Programme de gestion de transformation sociales (MOST) ont tour à tour pris la parole pour saluer la tenue de la rencontre.

Le ministre du Développement social de l'Afrique du Sud a assisté à l'ouverture du forum.

Amadou Sidibé


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ESPACE CYTOYEN D'INTERPELLATION

Regards croisés sur les OGM

 

Sikasso, la Capitale du Kénédougou abrite depuis mercredi un Espace citoyen d'interpellation démocratique sur les OGM en relation avec l'avenir de l'agriculture au Mali. Cette rencontre vise une meilleure information des producteurs agricoles de la région pour une prise de décision démocratique sur les politiques agricoles. Sur la question, nous avons recueilli les avis de certains observateurs qui ne partagent pas les mêmes analyses .

 

Siaka Dembélé  (chercheur à l'IER, Mali)  :

« La recherche sur les OGM n'a pas encore commencé au Mali. »

« En réalité, la recherche n'a pas encore commencé sur les OGM ou sur le coton génétiquement modifié pour la simple raison que nous n'avions pas encore les réglementations nécessaires qui nous permettent de travailler sur la question. Mais, en tant que chercheur, nous anticipons sur la question parce que c'est un sujet très important. Si vous prenez le coton dans le monde, il y a presque 10 millions d'hectares de coton génétiquement modifié. Le Mali, de par sa position dans la culture du coton, ne peut rester indifférent à cela. Donc, nous avons commencé à réfléchir sur le coton génétiquement modifié, réunir toute la documentation scientifique sur la question, établir des collaborations avec les gens qui ont l'expertise et réfléchir sur les activités à entamer le jour où nous allons avoir les autorisations.

Nous sommes à cette phase de réflexion et nous espérons que les autorités nous donneront très bientôt les autorisations nécessaires. Mais, il faut dire que nous participons aux débats sur les OGM. Les opinions sont partagées, certains sont contre et d'autres pour. Un chercheur n'a pas de position sur la question car nous pensons que sans avoir étudié un OGM particulier, on ne peut pas se prononcer. Il faut que nous l'étudiions au cas par cas et dans le contexte du pays. Un OGM peut être bon dans un pays parce que son climat, son système de production sont favorables et cette même culture peut ne pas répondre dans un autre pays qui a des contextes de sol, de climat et de système de culture différents. Nous voulons faire notre opinion nous-mêmes sur les variétés d'OGM, les étudier dans le contexte malien ».

 

Bali Nebié (lycée Nelson Mandela de Ouagadougou)  :

« Un moratoire d'au moins 5 ans »

« Les OGM sont des organismes dans lesquels on a prélevé des gènes d'un animal ou de tout autre être vivant pour les mettre dans un autre organisme. Au Burkina, il n'y a pas de position de recherche sur les OGM. Les firmes amènent des semences qui sont déjà prêtes et qu'on donne aux chercheurs. Ceux-ci les sèment et ils voient l'impact. On n'apprend pas aux chercheurs à identifier les gènes et à aller les insérer. Ce sont les firmes qui font cela parce que c'est un secret pour celles-ci.

Dans notre Coalition, nous ne sommes pas contre la biotechnologie, mais c'est quelque chose de nouveau. Nous estimons qu'il faut y aller avec prudence : faire d'abord des essais dans un endroit hermétiquement clos pour connaître tous les tenants et les aboutissants du phénomène avant de vulgariser. D'abord, nous avions demandé qu'il y ait une sorte de moratoire d'au moins 5 ans avant de commencer à faire les essais chez nous car nous pensons que ce qui marche aux Etats-Unis ne l'est pas forcément au Burkina Faso. Nous ne sommes pas pressés, notre position, c'est le principe de précaution avant toute vulgarisation. C'est vrai qu'il y a une association de producteurs au Burkina qui est d'office pour la vulgarisation et il y a une autre qui est avec nous dans notre démarche de précaution ».

 

Mme Jeanne Zoumdjihekpon  (professeur de génétique, Bénin)  :

« On force et on viole la nature pour avoir les OGM ! »

« Les OGM sont des organismes artificiels créés par des chercheurs dans les laboratoires. Ils découpent le gène d'une espèce donnée pour l'introduire dans une autre espèce. Le coton BT est par exemple génétiquement modifié et c'est un gène d'une bactérie du sol qu'on a introduit dans le cotonnier. Vous voyez bien que pour obtenir les OGM, on force la nature, on viole la nature. Ça, c'est un point fondamental.

Au Bénin, en 2000-2001, il y a eu des rencontres au plan national entre la société civile et le gouvernement aux termes desquelles, le ministère de l'Agriculture a proposé au gouvernement de prendre un moratoire. Les OGM sont des produits nouveaux, on n'a pas encore suffisamment d'informations, de recul pour décider. Donc, en mars 2002, le gouvernement a décrété un moratoire de 5 ans pour introduire l'importation, la circulation et la commercialisation des OGM au Bénin.

Mais je dois être honnête avec vous et avec vos lecteurs pour dire que c'est un moratoire théorique. Parce que le même gouvernement, via le ministère de la Famille et des Affaires sociales, importe de l'aide alimentaire des Etats-Unis, or tout le monde sait que les Américains consomment des OGM. Les Américains ont refusé d'étiqueter les OGM, le maïs provenant des Etats-Unis, via l'USAID, contient des OGM, mais le gouvernement du Bénin fait entrer ces céréales dans le pays pendant que le moratoire est en cours. C'est la réalité que nous vivons au Bénin quand bien même il n'y a pas d'essai sur les OGM.

Notre Coalition et l'ONG Grain d'Espagne, dont je suis membre, travaillons sur la base des données scientifiques. Le rôle de Grain et de la Coalition est d'informer le plus largement possible les producteurs qui sont les premiers concernés par les semences, les OGM mais aussi les consommateurs surtout sur les risques et leur impact négatif plus tard pour leur permettre de choisir en toute connaissance de cause.

Mais pour dire toute la vérité, notre position c'est qu'en tant que scientifiques africains, nous sommes contre les OGM mais nous ne le l'imposons à personne. Nous souhaiterions que tout le monde puisse rejeter les OGM, nous fournissons les arguments qui nous ont amenés à être contre les OGM pour que chacun puisse décider en son âme et conscience ».

Propos recueillis, à Sikasso, par

Sidiki Y. Dembélé

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HOPITAL « LE LUXEMBOURG »

Le bloc chirurgical prend du volume

En visite dans notre pays, le Premier ministre luxembourgeois, S. E. M. Jean-Claude Juncker, et Mme Touré Lobbo Traoré, l'épouse du chef de l'Etat, ont coprésidé jeudi la cérémonie d'inauguration du bloc chirurgical rénové de l'hôpital « Mère-Enfant, le Luxembourg ».

Le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (Moctar Ouane), de la Promotion de la femme, de l'Enfant et de la Famille (Mme Diallo Mbodji Sène), de l'Artisanat et du Tourisme (Ndiaye Bah) et de nombreuses autres personnalités ont assisté à la cérémonie.

La rénovation du nouveau bloc de l'hôpital « Mère-Enfant » a coûté 300 000 euros, soit environ 196,5 millions de F CFA. Le nouvel édifice comporte des salles d'hospitalisation et plusieurs équipements de pointe. Aussi comporte-t-il un groupe électrogène de secours.

Le chef du gouvernement luxembourgeois a dit dans son discours sa fierté pour le Mali en particulier et l'Afrique en général. Il a ajouté que son pays se sent très proche des Maliens. C'est pour cette raison, a-t-il promis, que la Fondation luxembourgeoise réalisera, en 2006, de nombreux projets.

Selon la présidente de la Fondation pour l'enfance, c'est l'accord de partenariat, signé entre la Fondation luxembourgeoise et la Fondation pour l'Enfance, le 27 avril 2000 et reconduit le 10 novembre 2005 qui a permis d'obtenir la rénovation et l'extension des capacités de l'hôpital.

L'objectif de cet accord est de permettre à l'hôpital de fonctionner comme une véritable structure sanitaire de proximité dans la prise en charge de la santé de la mère et l'enfant.

Mariam Vera Diarra

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